Une heure de marche au ras de l’océan, sur la côte basaltique de l’ouest, jusqu’à la plage de la Souris Chaude. Faisable en porte-bébé — mais la baignade y est interdite.
2,6 km
Distance
1 h
Durée
Aller-retour
Type
Libre, parking aménagé au bout de la route depuis la RN 1A
Accès
Un sentier de bord de mer, plat, court, sur la côte ouest — et l’un des rares endroits de l’île où l’on marche au ras de l’océan sans grimper. La Pointe des Trois-Bassins avance dans l’eau entre La Saline-les-Bains et Saint-Leu ; de là, un sentier littoral file vers le sud jusqu’à la plage de la Souris Chaude, une trentaine de minutes plus loin.
C’est une marche qui se fait en famille, y compris avec un tout-petit : le terrain est irrégulier mais jamais raide, et l’on peut faire demi-tour à n’importe quel moment.
Ce que l’on voit
Pas de sable blanc ni de cocotiers : ici, la côte est basaltique. Des dalles noires, des galets, des criques minuscules où la houle s’engouffre, et la ligne des Hauts de l’Ouest qui monte derrière, barrée par le viaduc de la route des Tamarins.
Le sentier suit en partie l’ancien tracé du chemin de fer de La Réunion : on passe sous une arche de pont ferroviaire d’origine, vestige discret que la plupart des marcheurs dépassent sans la voir.
Les panneaux du site signalent la faune qui niche dans les ravines et les anfractuosités de la falaise — oiseaux marins, héron vert, et le petit molosse, la chauve-souris endémique de l’île. C’est aussi pour elle qu’on ne quitte pas le sentier.
La baignade est interdite
Ce point n’est pas négociable et ce n’est pas une précaution d’auteur. La baignade et toutes les activités nautiques y sont interdites, en application de l’arrêté préfectoral du 8 février 2017, toujours en vigueur : hors du lagon et hors des zones aménagées ou surveillées, la bande des trois cents mètres est fermée à la baignade comme au surf, au bodyboard et au paddle.
La Souris Chaude n’est pas un nom de fantaisie sur une carte : un surfeur y a perdu la vie le 23 juillet 2012. Depuis, la gendarmerie contrôle et verbalise sur le littoral ouest.
Autrement dit : c’est une plage où l’on marche, où l’on regarde et où l’on pique-nique. Pas une plage où l’on se baigne. Pour nager avec des enfants, le lagon de La Saline-les-Bains est à dix minutes de voiture au nord.
Y aller et se garer
Depuis la route des plages (RN 1A), le site est indiqué sur la droite peu après La Saline-les-Bains quand on descend vers le sud. Un parking aménagé attend au bout de la petite route, avec un camion-bar les jours d’affluence.
Le sentier part directement du parking. On peut le prendre vers le sud, en direction de la Souris Chaude, ou remonter au nord le long de la plage jusqu’à la pointe des Trois Roches : les deux se valent, la première est plus abritée du vent.
Le faire avec un bébé
Nous l’avons fait avec notre fils, en alternant la marche et le porte-bébé. C’est le bon compromis : le sol est fait de dalles, de galets et de sable grossier, avec des passages inégaux que des petites jambes négocient lentement — et que des roues ne négocient pas du tout. La poussette est à laisser dans la voiture.
Le vrai point de vigilance n’est pas le terrain, c’est le soleil : le sentier n’offre aucune ombre sur la quasi-totalité du parcours, et la roche noire renvoie la chaleur. En milieu de journée, entre novembre et avril, ce n’est pas une sortie pour un bébé. Le début de matinée ou la fin d’après-midi, oui — et le coucher de soleil, face à l’ouest, est l’une des raisons de venir.
Prévoyez de l’eau pour tout le monde, un chapeau, et gardez les enfants à distance du bord : la houle de l’ouest monte sans prévenir sur les dalles, qui restent glissantes là où elles sont mouillées.
Les règles du site
Sur place, l’affichage est clair : pas de camping ni de bivouac, pas de feu, pas de déchets laissés derrière soi, pas de circulation motorisée hors des zones prévues, et l’on reste sur les sentiers tracés. La végétation littorale indigène qui pousse ici est rare à l’échelle de l’île — l’essentiel de la côte ouest a été bâti.
Itinéraire détaillé
1
Le parking de la pointe
0 km
Le sentier démarre au bord du parking. Prenez une minute pour repérer la pointe elle-même, à droite : c’est le meilleur point de vue sur la côte, et il est à cinquante mètres.
2
L’arche du pont ferroviaire
≈ 0,3 km
Le sentier reprend l’ancienne emprise du chemin de fer. L’arche d’origine est encore debout : c’est le seul vestige bâti du parcours.
3
Les criques
≈ 0,7 km
Une succession de petites anses entre les dalles de basalte. Des coins abrités pour souffler ou donner un biberon, mais on ne descend pas dans l’eau.
4
La plage de la Souris Chaude
≈ 1,3 km
Terminus naturel de la balade : sable sombre, galets, et le large en face. Demi-tour par le même sentier, ou remontée par la route si vous avez laissé une deuxième voiture.
Tout savoir sur Sentier littoral de la Pointe des Trois-Bassins
Peut-on se baigner à la Pointe des Trois-Bassins ?
Non. La baignade et les activités nautiques y sont interdites par arrêté préfectoral, en raison du risque requin, et cette interdiction est contrôlée. Pour nager en famille, il faut rejoindre le lagon de La Saline-les-Bains ou de Saint-Leu.
Le sentier est-il faisable en poussette ?
Non. Le terrain alterne dalles de basalte, galets et sable grossier : c’est praticable en porte-bébé, pas en poussette, même tout-terrain.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Une trentaine de minutes de marche jusqu’à la plage de la Souris Chaude, soit environ une heure aller-retour à allure tranquille. Avec un enfant et des pauses, comptez plutôt deux heures sur place.
Y a-t-il de l’ombre sur le parcours ?
Pratiquement aucune. Le sentier longe une côte de roche noire exposée plein ouest. Partez tôt le matin ou en fin d’après-midi, et emportez de l’eau.
Peut-on y voir le coucher de soleil ?
Oui, c’est même l’un des meilleurs moments pour venir : la côte fait face à l’ouest. Pensez à une lampe frontale pour le retour, la nuit tombe vite sous les tropiques.
Le regard croisé
Deux regards, une même île.
Le regard d’une Créole
par Dorine
Je suis du Sud, pas de l’Ouest — mais cette côte-là, tout le monde ici la connaît autrement qu’en carte postale. Avant 2011, on se baignait, on surfait, les familles passaient la journée sur les galets. L’interdiction a coupé quelque chose. Ce qui reste, c’est la marche, et elle est belle : c’est la seule côte de l’île où l’on voit vraiment de quoi elle est faite, du basalte et rien d’autre.
Le bon momentFin d’après-midi, face au couchant
À emporterDe l’eau, un chapeau, un pique-nique
Le regard d’un Zoreil
par Amandin
La première fois, je cherchais la plage. Il n’y en a pas, au sens où on l’entend en métropole : il y a une côte, noire, coupante, magnifique. On y vient pour marcher et pour regarder, et il faut une visite pour l’accepter. Nous l’avons refait avec notre fils, moitié à pied moitié en porte-bébé — c’est exactement le format qui convient à cet âge-là.